Lundi 28 août 2006
Ricki, jeune homme amoureux de l'indifférente Marina, l'enlève, puis la séquestre pour lui démontrer son amour et provoquer chez elle, ce dont il est sûr, un sentiment amoureux vis-à-vis de lui.



Bonjour !

Non, il ne m'est rien arrivé de grave ! J'essaye juste de rassembler toutes les pièces nécessaires à l'aboutissement d'un projet, auquel je pense sans arrêt depuis mai, et, pour ça, je suis obligé de m'en occuper quand je ne travaille pas, ce qui me laisse peu de temps pour me consacrer à autre chose...

Aujourd'hui c'est aussi lundi 28 août 2006, jour de la sortie du nouvel album de Charlotte Gainsbourg, 5 : 55. Je vous donnerais donc très prochainement mon avis sur ce CD que j'attend avec impatience !

Pour finir cet article, ce week-end j'ai aussi regardé Attache-moi ! d'Almodovar, que je n'avais pas encore vu... Si vous avez aimé Kika, Tout sur ma mère, Parle avec elle, Volver et Cie, foncez vite louer ou acheter Attache-moi !



Voici une critique très brève du superbe DVD édité par mk2, ainsi que quelques photos tirées du film...

Attache-moi !



Ricki, jeune homme amoureux de l'indifférente Marina, l'enlève, puis la séquestre pour lui démontrer son amour et provoquer chez elle, ce dont il est sûr, un sentiment amoureux vis-à-vis de lui.

Pour faire la conquête de Marina, ex-actrice de porno, Ricky la kidnappe et la ligote. Un drame criminel ? Non, un film sur l'attachement, l'amour et le besoin de vivre en couple. Un des meilleurs Almodóvar, plus que jamais sous influence Hitchcock. Les bonus sont parfois décoratifs (galerie de photos, tour du monde des affiches), mais la rencontre entre le cinéaste et Antonio Banderas est un vrai bonheur. Ils se souviennent du tournage d'Attache-moi, des féministes allemandes qui les ont pris pour cible à la sortie... Et font une annonce solennelle : leur glorieux tandem va enfin se reformer. Tant mieux ! F.S.

Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Espagnol
Durée : 1 h 40 min
Réalisation : Pedro Almodovar
Avec : Victoria Abril, Antonio Banderas, Francisco Rabal, Loles Leon, Julieta Serrano, Maria Barranco, Rossy de Palma

A demain !

Pierre A. My status
Par Pierre A. - Publié dans : Mon premier blog
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 23 août 2006
En septembre sur Canal+, "Weeds" est une nouvelle série, plus provocante que "Desperate Housewives", avec une mère de famille dealeuse de cannabis… Où le rêve américain part en fumée !



Bonsoir !

Passage éclair encore une fois... Vivement la rentrée et le retour à une vie "normale" ! Ce soir, pas mal d'infos sur la prochaine série qu'il faudra avoir vu pour briller en société...

A demain !

Pierre A. My status


L'Amérique et ses accrocs



Même en le scrutant à la loupe, vous ne trouverez pas une mauvaise herbe dans le gazon verdoyant de cette banlieue chic de Los Angeles, pas un moustique noyé dans les piscines bleu lagon, pas une fissure sur les imposantes maisons couleur pastel. Tout n’y est que perfection. Les joggeurs, aussi sveltes qu’identiques, surgissent des villas au premier rayon du soleil. Puis, dans un ballet bien orchestré, troquent leur survêtement pour le costume et filent au bureau au volant de leur 4 x 4. Une journée comme les autres commence à Agrestic. Ce matin-là, Nancy Botwin, jolie quadragénaire, cultive son image de maman modèle en militant pour l’interdiction des boissons sucrées dans les distributeurs de l’école. Rien de très excitant. Sauf que l’on sait depuis IDesperate Housewives que la vie des femmes au foyer cache pas mal de secrets inavouables. Quel est celui de la douce Nancy ? Sa cave n’abrite aucun cadavre, elle ne rêve pas de réduire en cendres la maison d’une rivale ou de séduire son jardinier. La réponse se trouve un peu plus loin, en centre-ville, dans la cuisine d’une famille afro-américaine menée à la baguette par Heylia, truculente mamma black à la tête d’un business un peu particulier... C’est ici que Nancy endosse son deuxième rôle : celui de dealeuse de cannabis.

Depuis la mort subite de son mari, à la suite d’une crise cardiaque, la veuve assure son train de vie et celui de ses deux fils, le craquant Shane et l’adolescent Silas, en vendant de la drogue à ses voisins, en toute décontraction. Car, à Agrestic, on ne se contente pas de regarder placidement pousser sa pelouse, on consomme de l’herbe en quantité et sous toutes ses formes. Des parents au bord de la crise de nerfs aux lycéens propres sur eux, tout le monde ou presque oublie le poids de son existence dans la fumette. Autant dire que la petite entreprise Botwin est florissante.

Ainsi commence Weeds (la semaine prochaine sur Canal+), la plus stupéfiante série du moment, qui fustige l’hypocrisie de l’Amérique dorée avec un cynisme et une cruauté rarement atteints. Les demeures luxueuses et les sourires siliconés ne masquent pas longtemps la déception, les vices, les obsessions de bourgeois pathétiques englués dans le culte des apparences. A ce stade-là, on aurait vite fait de classer Weeds comme une version dopée, plus acide et plus insolente, de Desperate HousewivesI : même banlieue proprette et sans âme, mêmes abîmes de mal-être sous le vernis de la réussite, même critique d’un certain conformisme social. Jenji Kohan, sa créatrice, stoppe net la comparaison en rétorquant que le pilote de Weeds était en boîte avant l’arrivée des quatre femmes désespérées de Wisteria Lane sur ABC… Qu’importe, car si leurs thèmes se croisent à l’évidence, les deux séries optent pour un traitement radicalement différent. Desperate Housewives, brillante satire, emprunte ses ressorts dramatiques au soap opera et séduit le grand public. Weeds, qui a emballé la critique avec ses joutes verbales décapantes et hilarantes, s’emploie plutôt à pimenter les règles de la sitcom. Ce qui n’est pas tout à fait un hasard.

A 36 ans, Jenji Kohan affiche en effet un beau parcours d’auteur de série comique : elle a écrit pour Will and Grace, Dingue de toi et Le Prince de Bel-Air. De la comédie calibrée avec ses gags à la chaîne qui avait fini par faire d’elle une scénariste désespérée. En 2004, The Stones, sa nouvelle sitcom écrite pour CBS, se solde par un échec retentissant. La coupe est pleine et la rébellion couve. « Je voulais m’attaquer à un tabou culturel, un sujet qui me permettrait d’explorer la “zone grise”, entre le noir et le blanc, entre le bien et le mal, quelque chose d’impossible à traiter dans une comédie pour un network. Le cannabis semblait parfait : la drogue touche tous les champs de la société, la politique, la religion et toutes les classes sociales. » Selon une étude récente, soixante-neuf millions d’Américains auraient fumé un joint au moins une fois dans leur vie…

Sûre de son idée, Jenji Kohan s’adresse directement aux diffuseurs du câble, forcément plus téméraires que les networks. HBO, la chaîne de Six Feet under et des Soprano, décline, Showtime, sa concurrente en quête de notoriété, s’enthousiasme. Et pour cause : son image de marque repose entièrement sur son obstination à bousculer les tabous (elle diffuse Queer as folk, The L WordI et a fait sensation cette année avec Sleeper Cell, plongée réaliste dans une cellule terroriste islamiste...). « No limits », son explicite slogan, tient finalement toutes ses promesses avec Weeds, réservé à un public doté d’un solide humour noir.
Car ici la satire tourne vite au jeu de massacre grâce à une galerie de personnages infréquentables voire totalement dépravés. Celia, l’impayable garce et amie de Nancy, persécute sa fille rondouillarde à coups de laxatifs. Doug, son comptable et meilleur client, est un ado attardé toujours entre deux trips. Andy, son beau-frère, un obsédé sexuel qui trouve naturel de pratiquer le « cybersex » avec une adolescente muette.

La série, qui joue avec la drogue, les clichés racistes et qualifie Bush de « criminel de guerre », ne laisse aucun doute sur les positions progressistes de son auteur. Y compris en matière de légalisation du cannabis. Un épisode savoureux brocarde ainsi la loi californienne qui autorise la prescription médicale de marijuana. On y voit Doug, tout fier de son ordonnance bidon et heureux comme s’il revenait d’Amsterdam « sans le passage obligé dans la maison d’Anne Frank... ».

Tout le monde s’attendait à un déluge de protestations. A tort, puisque la série n’a pas soulevé de tollé, tout juste le courrier habituel des associations de parents. L’audience restreinte y est sans doute pour beaucoup. A moins que l’explication ne soit un peu plus dérangeante, comme le pressent Mary-Louise Parker, l’interprète de Nancy : « Quand vous pensez à une femme qui vend de la drogue, vous imaginez un certain profil. Si elle me ressemble et qu’elle porte des jeans de créateur, c’est totalement déconcertant. S’il s’agissait d’une femme noire de Harlem, les gens n’hésiteraient pas à la détester. » L’actrice, jeune maman, ne cache pourtant pas un embarras croissant face au choix de son personnage : « Si elle se fait arrêter, ses enfants seront seuls, elle agit comme un mauvais parent. » Le trouble est d’autant plus grand que Nancy ne trafique pas pour survivre mais pour sauver sa villa grand luxe... et éviter « de se retrouver vendeuse chez Gap »...
Jenji Kohan a répondu à ce malaise avec une bonne dose de diplomatie, mais surtout avec une implacable suite dans les idées. La subversion de la série, son pouvoir de fascination aussi, repose en effet sur l’ambivalence du personnage de Nancy. Si les femmes de Desperate Housewives dérogent à leurs principes moraux pour mieux les défendre, la veuve d’Agrestic va plus loin en tournant le dos aux valeurs dictées par la société. Elle élabore son propre code de conduite au même titre que n’importe quel parrain de la mafia. « La série The Shield [NDLR : qui met en scène un flic pourri, ultraviolent mais bon père de famille] m’a beaucoup inspirée, explique Jenji Kohan, les personnages y sont si humains et si complexes, ils sont capables du pire comme du meilleur. » Nancy évolue ainsi dans la fameuse « zone grise » avec un talent et un plaisir évidents, au mépris du danger. Le rêve américain a décidément du plomb dans l’aile.

Mary-Louise Parker craignait que ce rôle anéantisse sa carrière. C’est tout le contraire : elle y montre la mesure de son talent en insufflant à son personnage un mélange de force et de fragilité, de candeur et de ruse (1). A l’image de la série, grinçante et perverse, mais aussi capable de gravité et de tendresse lorsqu’elle aborde le thème du deuil et de l’absence d’un père. La mort révèle alors les fêlures et les ressources cachées de ceux qui restent. Et la fragilité d’un bonheur qu’on ne retrouvera pas pour toute l’herbe du monde. Weeds a aussi le goût amer de la désillusion.

Isabelle Poitte

(1) En janvier dernier, l’actrice a d’ailleurs obtenu le Golden Globe de la « meilleure actrice dans une série comique » face aux quatre stars de Desperate Housewives.

A VOIR
Weeds (saison 1), à partir du jeudi 7 septembre, 22h15 (deux épisodes), Canal+.
Desperate Housewives (saison 2), à partir du jeudi 7 septembre, 20h50 (deux épisodes), Canal+.

Télérama n°2954
Par Pierre A. - Publié dans : Mon premier blog
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Lundi 21 août 2006
Nostalgie...

Bonsoir !

Aujourd'hui un article un peu différent de d'habitude... Je faisais un peu de ménage dans mon ordinateur quand je suis tombé sur cette photo :



Elle est belle, non ?

Pour moi elle évoque un week-end, un couple devant (avec un bébé LiLi à droite), un papy de coeur derrière, un président, "Guyom", une bande de jeunes sympathiques, deux trajets en C3, des Macs, des bonbons, un enterrement de vie de garçon, un dortoir, un "pont de singe" ?, une piscine, des : "dans 100 m, tournez à droite"...

C'est aussi lundi, une nouvelle semaine qui commence, la rentrée qui se rapproche, un repos bien mérité, une pensée qui m'obsède ("Marchera ? Marchera pas ?"), un mois d'août bizarre...

Et ben ! Comme je disais au début de cet article : "un peu différent de d'habitude"...

Demain, c'est le grand jour... Demain, un article pour expliquer ce "grand jour" si il se déroule bien...

A demain !

Pierre A. My status
Par Pierre A. - Publié dans : Mon premier blog
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 18 août 2006
La série TV adaptée par Michael Mann. Du sérieux. Trop ?

Bonsoir !

Comme promis hier, pas mal d'infos sur Miami Vice. Je n'arrive pas vraiment à me faire une idée, (positive ou négative d'ailleurs), sur ce film, et, je pensais qu'en lisant la critique ça m'aiderait à décider si oui ou non je vais voir ce film, raté !

En tout cas, voici ce que Télérama en pense, et, en bonus deux bande annonce à consommer sur place ainsi qu'une bande annonce HD à emporter...

Miami Vice, deux flics à Miami



Miami... Deux agents fédéraux et la famille d'un informateur ont été sauvagement exécutés. Une nouvelle enquête commence pour Sonny Crockett et son coéquipier Ricardo Tubbs. Les deux inspecteurs découvrent rapidement que les tueurs étaient au service de la Fraternité aryenne, organisation suprématiste liée à un réseau de trafiquants internationaux doté d'un système de protection ultra sophistiqué.

POUR

Noir et brillant

    On connaît peu de gens qui vouent un culte nostalgique à Deux Flics à Miami, la série télé des années 80 avec Don Johnson, son costume de maquereau aux manches retroussées, son yacht et son alligator de compagnie. De ce côté-ci de l’Atlantique au moins, Michael Mann, qui fut le producteur de la série et signe aujourd’hui l’adaptation au cinéma, ne sera pas handicapé par la cote d’amour du produit original. Ou alors par défaut, au sens où les souvenirs, vagues, pourraient presque passer l’envie au chaland de venir en salle.

    Ce serait dommage : Miami Vice est un excellent mélange de film d’auteur et de superproduction. D’abord, le sérieux papal de Michael Mann fait un bien fou dans une offre hollywoodienne dégoulinant de clins d’œil, de second degré, d’ironie. Le cinéaste de Heat et de Révélations a reconduit à Miami la nuit quasi permanente qui enténébrait Los Angeles dans Collateral, il y a deux ans. Il fait sombre à tous égards. Le crime organisé et les pratiques policières limites pour le contrer n’inspirent d’humour ni aux mafieux ni aux flics, particulièrement flippés. Cette gravité, plus plausible que les vannes non stop, est le meilleur moyen de nous immerger d’un coup dans la fiction. Le démarrage est abrupt, pas de générique, direct une fusillade dans une boîte de nuit. Pour les présentations, inutile de repasser plus tard.

    Des deux personnages d’origine, Michael Mann a repris les noms, les couleurs de peau, les manières de frimeurs et la spécificité de leur activité : l’infiltration des pires réseaux de trafiquants. Mais c’est tout. Colin Farrell et Jamie Foxx ont une façon originale de faire croire à leur complicité : ils ne s’adressent pas la parole, comme s’ils se connaissaient mutuellement par cœur. Le personnage de Sonny bénéficie pleinement de l’aura sulfureuse de Colin Farrell, le bad boy de Hollywood, toujours entre frasques et cures de désintoxication (notamment pendant le tournage). Il vit chez Ricardo (Jamie Foxx) et sa copine. C’est une sorte d’amour platonique et muet entre les deux flics, explicité tout de même quand les choses se gâteront par ce cri du cœur de Ricardo à son coéquipier : « Jamais je ne douterai de toi ! »

    Michael Mann passait jusqu’ici pour un cinéaste très peu sentimental et plutôt macho. Or, d’un point de vue dramaturgique, le meilleur vient de l’idylle à haut risque entre Sonny et Isabella, Sino-Cubaine haut placée dans le cartel mafieux infiltré par les deux agents. Cette liaison dangereuse non planifiée, peu indiquée, prend soudain une place importante dans la vie du flic tête brûlée, comme dans le film. Virée alcoolisée à La Havane, fausses confidences mélancoliques en haute mer : Gong Li, qui fut longtemps une actrice trop lisse, conserve toute l’intensité récemment acquise dans 2046. Avec Farrell, ils forment un couple irrésistible de tricheurs tragiques, fatigués et sexuels, tous deux en sursis et le sachant, presque déjà cuits.

    Cela resterait néanmoins peu de choses sans le style éblouissant de Michael Mann, toujours plus affirmé. Et totalement paradoxal. D’un côté, le film résulte d’un énorme travail de documentation sur la haute délinquance autour de Miami et sur les méthodes de la police locale. Les acteurs ont effectué des stages d’observation et d’entraînement sans fin, y compris aux franges de la mafia. A cette véracité s’ajoute celle de la vidéo haute définition, d’une précision et d’une profondeur de champ extrêmes. Mais, d’un autre côté, cette netteté même, la sophistication des angles de prise de vue et celle du découpage font dévier l’hyperréalisme vers la vision hallucinatoire. Des affres d’une tuerie au grain de la peau sous les doigts, en passant par les bas-fonds de la ville, tout est trop vrai, trop présent pour ne pas devenir suspect, étrange, stupéfiant. Miami Vice est sans conteste le seul blockbuster estival qui provoque des troubles de la perception.

Louis Guichard

CONTRE

Lourd et bruyant

    La première chose que fait Colin Farrell, flic soi-disant génial infiltré auprès d’un caïd de la drogue, c’est de lui piquer sa femme. Curieuse façon de passer inaperçu. Jamie Foxx ne fait pas mieux : au vu et au su des méchants, il invite sa petite amie dans un night-club, ce qui leur permet de l’enlever instantanément. Même James Bond, qui n’était pas très fute-fute question déguisements, aurait honte d’eux. Si Colin Farrell et Jamie Foxx étaient les héros de péripéties fantaisistes, voire parodiques, comme l’était la série TV – pas si géniale que ça, d’ailleurs –, leur incompétence prêterait à sourire. Mais Michael Mann se veut réaliste, l’univers des flics infiltrés jusqu’à la compromission dans des milieux interlopes l’a toujours passionné. Il a, donc, résolument fait de la série souriante un drame sombre, fatal, romantique, shakespearien. Et ennuyeux à périr (l’ennui n’est pas un critère de réussite ou d’échec, au cinéma, on le sait, mais il devrait l’être, parfois).

    Durant plus de deux heures, donc, un flic au regard bovin et son acolyte s’embrouillent et nous engluent dans un scénario balourd, ballot, prévisible et, d’ailleurs, plus de mille fois vu, que ce soit au cinéma ou dans des séries télé de seconde zone. Suspense inexistant. Humour zéro. Musique tonitruante. Sentimentalisme indécent de cucuterie (inoubliable, la scène d’hôpital où toute l’équipe de gros bras attend, pantelante, le retour à la vie de la copine de Jamie Foxx). Quant à la réalisation, pataude, répétitive, elle se contente d’alterner de longues explications verbeuses avec des moments d’action plus bruyants que spectaculaires. Et qu’on ne parle pas de mise en scène – à moins que quelques cadrages sophistiqués suffisent, désormais, à passer pour du style.

Pierre Murat

Genre : Policier
Nationalité : Américain
Durée : 2 h 15 min
Réalisation : Michael Mann
Avec : Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris

Télérama n°2953

Première bande annonce, Miami Vice en VOST :

 

Deuxième bande annonce, Miami Vice en VF :

 

Et pour finir, Miami Vice en HD, (VO), ici.

Bon week-end !

Pierre A. My status
Par Pierre A. - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 17 août 2006
Michel Gondry signe un marivaudage à la fois plein de fantaisie et d’une étonnante vérité.

Bonjour !

Suite à mon article d'hier sur la sortie de La Sciences des rêves, et, vu le nombre de fois ou la bande annonce a été lue, je reviens sur ce film en vous faisant partager sa critique ainsi que la bande annonce en HD pour ceux qui veulent en profiter en plein écran.

Demain, Miami Vice, La série TV adaptée par Michael Mann. Pour ou contre ?

A demain !

Pierre A. My status

La Science des rêves

Pour se protéger de la réalité, Stéphane, franco-mexicain, invente des objets bizarroïdes et s'échappe très souvent dans ses rêves. De passage à Paris, il tombe amoureux de sa charmante voisine, presque aussi farfelue que lui...

Un rasoir géant qui prend vie et « dé-rase » celui qu’il attaque, c’est-à-dire laisse derrière son passage barbe et chevelure d’ermite ; une ville en carton, traversée à toute berzingue par des trains aux rames serpentines ; des figurines de chiffon qui s’animent sur une couverture blanche, ministation de ski avec son télésiège et ses versants pentus. Séquences bricolées, animées image par image, un peu maladroitement comme dans les productions d’Europe de l’Est de notre enfance. On ne les attend pas dans une comédie romantique française, mais ils trouvent naturellement leur place dans l’univers de Michel Gondry, et dans son troisième film, le premier tourné à Paris, séduisant patchwork et rejeton sauvage de la Nouvelle Vague – le genre de films qu’auraient faits jadis Truffaut et ses copains si, au lieu de vénérer la littérature, ils étaient passés maîtres dans l’art des gommettes, de la pâte à modeler ou de toute autre activité d’éveil…

Dans La Science des rêves, ces parties animées, qui mêlent en liberté les matières et les échelles (les personnages grandeur nature habitent parfois des décors cartoonesques), figurent justement les rêves du héros. Stéphane (Gael García Bernal) a quitté Mexico, où son père vient de mourir, pour retrouver à Paris sa mère et l’appartement de son enfance. Il a un (gros) défaut : une propension à s’endormir quand il ne le faut pas, à rêver abondamment, et à ne plus distinguer le rêve de la réalité. Ses songes sont remplis des objets insolites qu’il fabrique, en digne fils d’un père inventeur : casques télépathes, machine à se projeter – une seconde – dans le passé ou l’avenir, etc. Il va sans dire que ces objets fonctionnent mieux dans son sommeil – utile au spectateur pour savoir si telle scène est purement onirique ou raisonnablement réaliste… Stéphane en pince pour sa jolie voisine, Stéphanie (jouée par Charlotte Gainsbourg). Il a cru, un temps, lui préférer sa copine Zoé (Emma de Caunes), mais c’est bien cette grande bringue brune, qui aime comme lui à façonner des univers imaginaires, qu’il a dans la peau. Rêver d’une fille, est-ce (un peu) la posséder ?

Comme dans Eternal Sunshine of the spotless mind, Michel Gondry met en place un dispositif narratif à la savoureuse fantaisie, la multiplication des idiomes (anglais, espagnol, français) ajoutant à la confusion organisée. Mais ce triomphe de l’imaginaire provoque a contrario un effet de réel fort sur le marivaudage en train de se nouer, lui donnant une étonnante vérité. Le cinéaste est un romantique amer : Eternal Sunshine montrait qu’une relation amoureuse résiste mal à la durée, parce qu’on aime moins une personne que l’image que l’on a d’elle ; ici, il s’agit plutôt d’un chassé-croisé, deux amoureux qui peinent à se déclarer l’un à l’autre, au risque de se perdre. Impuissance à passer à l’acte, à préférer aux vues de l’esprit la texture de la chair. Le postado Stéphane a d’ailleurs comme voisin de bureau un expert de la vanne de cul, son double transgressif, son « ça », pour parler comme Sigmund. C’est Alain Chabat, irrésistible de lubricité satisfaite et presque enfantine.

Le meilleur du film réside dans les scènes à deux, illustrant la progression difficile d’une relation malmenée. Rarement a-t-on aussi bien senti la naissance d’une complicité, le plaisir que deux personnages ont à être ensemble, réunis par le jeu et les travaux manuels. Ils s’aiment, évidemment, et sont bien les seuls à ne pas le comprendre. Plus tard, autre fragment de ce discours amoureux, une scène formidable où le dépit rend Stéphane odieux et vulgaire. C’est finement observé, soigneusement écrit et prend sa pleine dimension en contrepoint des scènes oniriques. Gondry est un formidable directeur d’acteurs (c’était déjà le cas dans Eternal Sunshine) : il joue ici de la timidité bredouillante de Gael García Bernal et sait capter la grâce, faussement effacée, de Charlotte Gainsbourg, encore plus délicieuse dans la langue maternelle, c’est-à-dire celle de sa mère, l’anglais. Du charme, ces deux-là en ont à revendre.

Que La Science des rêves soit largement autobiographique est à la fois évident, et de peu d’importance : la petite musique que fait entendre Michel Gondry est universelle. C’est celle de la difficulté à devenir adulte et des malentendus amoureux, et la mélancolie qui l’accompagne est magnifiquement illustrée par une chanson de Dick Annegarn (Coutances), utilisée lors d’une balade le long du canal Saint-Martin. Retour aux sources géographique, mélodique, cinématographique et autres « ique » pour un lauréat hollywoodien de l’oscar du meilleur scénario (avec Eternal Sunshine…). Qui s’en plaindra ?

Genre : Comédie Romantique
Nationalité : Français
Durée : 1 h 46 min
Réalisation : Michel Gondry
Avec : Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat

Aurélien Ferenczi

Télérama n°2953

The Science of Sleep en HD c'est ici.
Par Pierre A. - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus